Les douleurs du poignet après fracture ou entorse

Les douleurs résiduelles du poignet suite à une entorse ou à une fracture sont fréquentes ( douleur au-delà de 6 à 8 semaines) . La cause de ces douleurs est souvent difficile à trouver et souvent les patients errent pendant de longues périodes sans traitement adéquat.
Ces douleurs doivent être bilantées cliniquement et prises en charge par un spécialiste formé à la fois
– au diagnostic des lésions ligamentaires/ostéo-chondrales du poignet et
– aux nouvelles techniques chirurgicales (arthroscopie du poignet) pouvant permettre leur prise en charge optimale.

Différents types de lésions sont retrouvées soit seules ou associées:

Les lésions du ligament triangulaire
ou du TFCC:

Cette structure ménisco-ligamentaire est au poignet ce que les ménisques et les ligaments croisés sont au genou. Il sert d’amortisseur (ménisque) et de stabilisateur (ligament croisé). En fonction des lésions différents tableaux cliniques se retrouvent.

Le tableau méniscal :

Il comporte des douleurs lors des mouvements d’inclinaisons du poignet qui peuvent être vives et brutales comme un coup de poignard ou lancinantes. Le diagnostic est établi par un test dit «test de la fovéa» (douleur à la palpation du ménisque augmenté par l’extension du poignet). L’examen roi est l’arthroscanner, à défaut l’IRM, mais parfois ces examens reste négatifs est la seule solution en cas d’échec du traitement médical est de réaliser une arthroscopie.
Le traitement initial consiste tout d’abord en une infiltration de cortisone intra-articulaire associée à une immobilisation. Si celle-ci ne permet pas d’enlever les douleurs, une chirurgie sous arthroscopie peut s’avérer nécessaire.

Le tableau d’instabilité:

En plus du tableau précédent, le patient peut ressentir des ressauts ou des claquements du poignet à la mobilisation qui peuvent être reproduits lors de l’examen clinique du poignet (Vidéo de l’examen clinique du poignet). L’examen complémentaire pour porter le diagnostic est toujours l’arthroscanner ou l’IRM. Le traitement médical n’a que peut d’efficacité dans ce cas là sauf à diminuer de manière importante l’utilisation du poignet. Le traitement est avant tout chirurgical soit par réparation des lésions avec une ligamentoplastie soit par des gestes palliatifs s’il existe des lésions d’usures (arthrose) trop importantes.

Les lésions cartilagineuses:

Les lésions cartilagineuses vont évoluer spontanément vers de l’arthrose. Le cartilage est interposé entre les os dans l’articulation et permet le glissement sans frottement ou usure des os entre eux. Mais du fait de l’utilisation intensive ou de traumatisme (fracture poignet, fracture du scaphoïde, entorse grave…), ce cartilage peut être abimé et alors les os sont en contact direct dans l’articulation avec apparition d’arthrose. Les symptômes sont variables allant de l’absence de douleur à la réduction importante de mobilité associée à d’importantes douleurs. Il existe peu de traitement préventif. Il s’agit, la plupart du temps, de traitement palliatif, qui en fonction de la gravité de l’atteinte permettent de maintenir ou non la mobilité restante du poignet. Le but des traitements est de stopper l’évolution de l’arthrose et si possible au plus des douleurs. Chaque cas reste un cas particulier, la décision est une décision collégiale entre le patient, son médecin traitant, son kinésithérapeute et le chirurgien.
ScanAosepoignet

L’algoneurodystrophie:

Il s’agit d’une maladie encore mal connue qui entraine raideur et/ou douleur sur le poignet. Il est important d’en faire le diagnostic pour pouvoir adapter le traitement par des médecins spécialisés. Article sur l’algoneurodystrophie.

Séquelles douloureuses

Dans un certain nombre de cas, des douleurs sans cause particulière peuvent être présentes. Il s’agit des conséquences des lésions osseuses, cartilagineuses, ligamentaires, tendineuses, nerveuses… qui ont été provoquées par le traumatisme. Il s’agit du cas le plus gênant pour le patient car aucune lésion réparable n’est présente. Le traitement est simplement adapté à la douleur ( antalgique, anti-inflammatoire, kinésithérapie, cryothérapie …). Ce diagnostic de « séquelles douloureuses » ne peut être porté qu’après avoir vu un chirurgien spécialiste qui a pu éliminer toutes les autres causes possibles et traitables.

En conclusion…

Les tableaux cliniques dans ce type de pathologie sont multiples et nécessitent un examen clinique spécifique avec un chirurgien spécialisé qui permettra de poser le diagnostic et d’élaborer un schéma de traitement adapté.